Mon Hommage à la Telecaster

Patrick Coutin - Photo Aurélie Vandenweghe

Patrick Coutin - Photo Aurélie Vandenweghe

Pour ce premier billet, il était de mon point de vue indispensable que je rende hommage, à ma façon, à ce que je considère comme la plus grande guitare de tous les temps. La Telecaster...

Indémodable, incontournable, peu charitable, elle est un taureau que rares sont ceux qui peuvent se targuer de savoir dompter. Fascinante, envoûtante, déroutante, elle suscite toujours autant d’envie et de passion, de curiosité, d’intérêt et d’émerveillement... Le poids des années n’a aucune emprise sur elle. Au contraire, plus le temps passe, plus elle devient encore plus mystérieuse.

Si la Telecaster peut symboliser à elle seule l’histoire de la guitare électrique, elle nourrit aussi des fantasmes des anecdotes et des histoires d’amour et de passion qui lui sont propres.

Je vous en rapporte une, qui quelque part, aura marqué l’histoire de La Centrale...

Ma passion pour les Telecaster est connue par les gens autour de moi, et date des tous débuts de mon aventure à la Centrale. et bien que je me sois toujours défendu d’être un collectionneur, j’ai aimé, au fil des années, acheter des Fender Telecaster lorsque l’occasion se présentait, lorsque la guitare me semblait exceptionnelle... Et j’en ai eu tellement entre les mains que je ne pouvais pas les acheter toutes, mais si j’avais pu, je l’aurais fait !

Au début des années 80, je m’étais rendu possesseur d’une Telecaster de 1967, complètement dépouillée, dans un état très moyen qui avait été décapée, et qui ne ressemblait plus à grand chose.. A cette époque la tendance était de customiser les guitares et de procéder -il faut bien le dire avec le recul- à accomplir des actions irréversibles parfois complètement insensées et délirantes dont le but principal visait à l’expérimentation de l’instrument par sa mutilation ce qui ressemblait bien à un génocide de la guitare électrique, dont la Stratocaster en était certainement l’incarnation la plus saisissante. !! Des micros double bobinage installés dans des corps ne proposant à l’époque aucune cavité pour les recevoir, aux vibratos à blocage type Floyd Rose ou Gotoh, rien n’était épargné, même les séries L passaient à la casserole sans vergogne... Certes de cette période très intuitive et audacieuse sont nés des mythes comme Charvel et jackson, tout près de faire la peau à Fender et surtout Gibson, particulièrement mal en point à cette époque, et dynamisés par l’avènement de la guitare électrique ré-inventée, customisée, et de son porte drapeau guitar Hero Van Halen et sa Strat Franky.

La télé, elle, était épargnée. enfin presque... La contribution principale des Frankenstein de la guitare aura été le remplacement du micro grave par un Humbucker, à l’instar de Keith Richards qui utilise depuis le début des années 1970 des Telecaster modifiées par remplacement du micro manche d'origine par un humbucker Gibson. Pour la petite histoire,sa Telecaster emblématique a été baptisée « Micawber » (modèle 1952 butterscotch blonde avec un micro de lap steel gutar en position chevalet), une autre, Malcolm, (modèle des années 1950 également, sur lequel le vernis d'origine a été enlevé). Le son typique des riffs des Rolling Stones (Honky Tonk Women, Jumpin' Jack Flash, Brown Sugar, Tumbling Dice, Midnight Rambler...) provient de nos jours le plus souvent de l'une de ses Telecaster accordée en open de sol, la corde mi grave ayant été retirée (sol-ré-sol-si-ré du grave à l'aigu). Le tirant de ses cordes va, toujours du grave à l'aigu, de 0.42 - 0.30 - 0.18 - 0.15 - 0.11. Mais pour ceux que le sujet intéresse, je ne peux que les inviter à lire l’excellente et indispensable auto-biographie de Keith Richards parue l’an dernier, un voyage savoureux et délicieux dans l’histoire du Rock.

Cette Telecaster de 67 donc, couleur bois naturel puisque décapée, m’a parue tout de suite attachante et disons le.prometteuse.. J’ai donc engagé des frais pour la remettre en état, mais je savais déjà que son âme était bel et bien déjà présente... La restauration de la guitare fut confiée si je me souviens bien à Michel Scamps qui réalisa un vernis Fiesta red de toute beauté et mon célèbre équipier Pascal “La Bricole” Millot - les plus anciens se souviennent !- monta un micro STRI et STL1 de notre ami et partenaire de l’époque.Seymour Duncan...

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Claude Gaudefroy

 

Merci à  Patrick Coutin et Aurélie Vandenweghe