Bichonner sa guitare:questions récurrentes et réponses

Votre guitare à besoin d'attention !

Votre guitare à besoin d'attention !

La représentation de certaines marques prestigieuses dans nos magasins comme Gibson, TaylorFenderMartin ... nécessite non seulement une parfaite connaissance des produits que nous proposons, mais aussi, une maitrise théorique de l’ensemble des stades de fabrication des instruments.
C’est la raison pour laquelle le personnel de Centrale Guitars est régulièrement convié à des stages de formation directement chez les fabricants ou importateurs afin de parfaire leur connaissances et d’en faire ainsi bénéficier la clientèle.
A cet égard nous pouvons aborder quelques points essentiels qui nous sont rappelés à chaque fois par les luthiers que nous avons rencontrés concernant les idées –reçues ou non- à propos de la guitare en général, et de la guitare acoustique en particulier.

Une guitare se bonifie en vieillissant

C’est vrai, et faux. Une guitare avec une table en bois laminé ne bougera pas avec le temps et restera stable.
On ne peut pas en attendre une bonification au niveau de l’acoustique, et donc de la qualité du son.

Mais cela veut dire aussi que c’est un instrument « tout terrain » qui résistera aux chocs de température excessifs, à une éventuelle « maltraitance » aussi, et c’est la raison pour laquelle par exemple, le modèle Yamaha F 310 (en guitare acoustique) ou C 40 (guitare classique) sont toujours au Hit-parade des meilleures ventes de guitares pour débutant, alors que leur table d’harmonie est en contreplaqué. Le discours ambiant relayé par les fabricants qui s’évertuent à fabriquer des tables massives à bas prix simplement pour utiliser ce fait comme un argument commercial est un leurre. La seule réalité reste que c’est le guitariste qui en jouant son instrument, en se l’appropriant, en l’appréciant, en l’aimant, prendra toujours plus de plaisir, progressera dans son jeu, deviendra meilleur, et forcément meilleure deviendra aussi la guitare. C’est une sensation que l’on peut ressentir…la guitare s’est améliorée...? Mais votre jeu aussi... ! Une guitare de qualité, fabriquée dans les règles de l’art sera une excellente compagne, pourvu qu’elle vous plaise et que vous vous y attachiez.

Notre expérience au quotidien montre qu’une guitare essayée par un client et qui ne lui plait pas, fait craquer le client suivant qui nous dit que c’est la guitare « de sa vie… »

Et d’ailleurs, si ce n’était pas le cas, tout le monde jouerait sur la même guitare.

 

Entretien

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Alors plutôt que d’encenser les vertus de telle ou telle guitare –ce qui restera toujours un élément profondément subjectif-, voyons plutôt ce qui peut causer la ruine voire la perte de toutes les guitares…

C’est bien là, en effet, une des causes principales de la ruine précoce des instruments .

En règle générale, une guitare acoustique est construite avec une hydrométrie de 55 à 60 % d’humidité dans l’air. En Europe, cela représente un juste milieu qui permet aux bois de se gonfler un peu (car ils sont toujours hygroscopiques dans le temps) ou de rétracter sans fractures lors d’un séjour dans un pays au climat sec.

Mais si la guitare est soumise à une atmosphère sèche artificielle, créée par le chauffage central ou par air pulsé, il faut s’attendre au pire très rapidement... en quelques jours, voire quelques d’heures. La table d’harmonie qui est très mince,( 2 mm environ), est la première menacée et comme elle n’est pas vernie à l’intérieur elle offre une large prise en surface, et elle se « tend » alors fortement, entraînant un grand risque de fracture. Son mode vibratoire peut alors être affecté. Le cintre transversal de la table, galbé, tend alors à s’aplatir et le chevalet s’en trouve abaissé d’autant, donnant un réglage des cordes trop bas que l’on corrige en élevant le sillet du chevalet ; ce qui accroît l’effet de torsion du chevalet, la fatigue locale de la table et une mauvaise résistance à la déformation.

Dans un second temps, la touche s’abaisse à partir de la douzième frette ; le manche pourra aussi se déformer, des fentes pourront apparaître sur le fond, le vernis se ride et se « faïence ».

Le signal d’alarme est le suivant : quand on constate, sur le côté du manche, que les frettes de métal dépassent sous le passage du doigt, même très peu, c’est que le bois qui constitue la touche s’est déjà rétracté sous l’action de la sécheresse et qu’il est grand temps de redonner un peu d’humidité à la guitare.

A cet effet, et dans l’urgence, on peut la faire séjourner dans une salle de bains où sèche du linge, mais l’action d’un humidificateur électrique puissant semble la seule solution pendant la saison de chauffage. L’achat d’un hygromètre sérieux et bien étalonné est indispensable et il faut essayer de maintenir 60 % d’humidité dans la pièce concernée. Certains concertistes méticuleux ont un petit hygromètre dans leur étui, d’autres ne craignent pas d’introduire dans la guitare une éponge qui, humidifiée et emballée dans une feuille d’aluminium, permet de corriger à bon escient le degré hygrométrique quand ils séjournent dans des pays très secs ou des lieux surchauffés.

En général, les instruments résistent mieux à l’humidité qu’à la sécheresse excessive. Les luthiers les plus scrupuleux préfèrent employer une colle irréversible, insensible à l’eau, pour assembler certaines pièces importantes comme les barres de fond, le barrage de la table et ,la touche. Les colles animales traditionnelles offrent peu de résistance à l’humidité des pays de bord de mer. L’usage de colles irréversibles étant assez contraignant car il nécessite un mélange préalable avec un catalyseur avant chaque application , fait qu’elles sont peu utilisées, d’autant que les dosages nécessaires sont très délicats à effectuer. Mais ces colles ne cédant jamais, il n’y a pas lieu de craindre des ennuis particuliers en cas de réparation ou de fracture.

Les colles vinyliques, restent les plus utilisées en lutherie courante car elles offrent une bonne résistance à l’humidité, mais aussi une piètre résistance au glissement du collage, à sa déformation. De plus, elles sont thermosensibles et un coup de chaleur, comme une guitare laissée dans un coffre de voiture à 40 ° sera forcément fatal, comme nous avons pu le constater d’ailleurs à plusieurs reprises auprès de clients dépités,

Certains bois constituant la table d’harmonie étant très hygroscopiques, l’effet de l’humidité varie du simple au triple ; on peut ainsi observer certaines boursouflures des surfaces de l’instrument dans un milieu très humide. Mais si les collages résistent bien, quand le climat redevient normal, avec 65 à 70 d’humidité. L’instrument se régénère comme par magie.

Une guitare non jouée se dégrade

Si une guitare est entreposée dans des conditions correctes comme on l’a vu précédemment, elle a toutes les chances de bien vieillir, en subissant seulement la tension des cordes qui se traduira par une compression transversale des fibres de la table devant le chevalet et une distension derrière. On peut raisonnablement penser que, contrairement à une machine composée de pièces en mouvement, l’instrument gardera toutes ses vertus intactes, même s’il n’est pas joué On peut aussi ajouter que certains bois de table d’harmonie d’une même espèce, comme l’épicéa, le sapin, le cèdre, présentent une texture variable : forte s’il s’agit d’un bois de fin d’automne, formant des veines sombres, importantes, bien marquées, beaucoup plus denses et résistantes que s’agissant d’un bois de printemps, aux cellules à parois minces et souples. Ces veines dures d’automne, quand le climat et le terrain sont propices, confèrent au bois une résistance mécanique plus importante ; c’est une armature naturelle qui permet à la table de bien résister dans le temps, et donc à l’instrument de garder ses qualités.

Mais le problème n’est pas si simple, car un luthier est amené à travailler ses bois jusqu’à la limite de leur résistance à la déformation. C’est à ce point critique qu’il obtiendra un instrument sensible, doté d’une son orité souple, ample et facile à faire vibrer. Si elle est trop épaisse ou trop barrée, la table donnera des graves pauvres, qui manqueront de corps et d’amplitude tandis que les aigus risquent d’être secs, sans moelleux... Un peu trop fine ou peu barrée, la table donnera des graves excessifs et on aura alors du moelleux, mais une sonorité sombre, obscure, qui, se détachera mal. De plus, l’instrument sera assez fragile, instable dans le temps, avec une sonorité « versatile », qu’il soit joué fréquemment ou non.

Je bichonne ma guitare

Elle est votre compagne fidèle, vous l’aimez et elle vous le rend bien, même si parfois vous piquez des crises de nerfs...Sachez lui monter votre affection et votre amour.

En premier lieu,avant de remettre votre guitare dans son étui après utilisation, essuyez la transpiration que certains guitaristes émettent en abondance, sur le manche, le fond, la table, etc. La sudation est l’ennemi de la guitare. L’acidité attaque’ aussi bien les bois et les vernis que les pièces métalliques… La peau de chamois enlève très bien cette sueur grasse. Des produits d’entretien pour les vernis sont disponibles chez les grandes marques, comme Gibson ou GHS… pour notre part nous avons toujours utilisé des produits bien connus d’entretien de meubles en bois de la ménagère et disponibles dans toutes les grandes surfaces sans avoir jamais connu le moindre problème. Au contraire. Ils sont efficaces et sentent très bon… Pour avoir vu les frères Jacobacci lustrer avec efficacité une Gibson Les Paul avec du Miror on peut définitivement chasser les idées reçues concernant les produits soit disant appropriés à l’entretien d’une guitare. II ne faut cependant pas employer d ’essence de Térébentine, d’essence minérale, d’alcool, de trichloréthylène, de white spirit, de silicones, ou tout autre produit de nature abrasive qui serait de nature à endommager le vernis, parfois de façon irréversible.

La touche de l’instrument est souvent négligée, et il faut au contraire y apporter grand soin… La Fast Fret de GHS, l’huile de citron Dunlop ou le produit spécial pour la touche dans le kit Gibson « Luthier’s Choice » ont notre préférence.

Je voyage avec ma guitare

Ne laissez jamais votre guitare dans la voiture en votre absence, dans l’habitacle ou dans le coffre.

Si vous prenez l’avion, assurez vous auprès de la compagnie que la guitare, en housse capitonnée, sera acceptée en cabine par le personnel de bord. Dans le cas contraire, si l’instrument va voyager dans la soute, faites l’acquisition d’un bel étui thermoformé. Détendez les cordes de l’instrument. Bourrez l’étui de mousse légère ou de papier journal. Les points sensibles sont la crosse et les éclisses. Protégez les biens, mais faites attention à ce que votre protection reste « souple » car trop rigide, elle  pourrait s’avérer fatale en cas de choc violent.

Bon voyage.

 

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